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C’était ça ou écrire
Depuis 48 heures je m’étonne de tout ce remue ménage autour de Thélyson Orélien, un auteur qui aurait utilisé de l’IA comme prête-plume (le terme français consacré pour ghostwriter) pour écrire son dernier livre « C’était ça ou mourir ». Je vous propose donc un rapide billet d’humeur …
De l’humain ou de la machine ?
Il est intéressant de constater qu’aujourd’hui il est totalement accepté que l’IA soit utilisée pour écrire du code et des logiciels, rédiger des scénario de films ou de séries, et j’en passe … quand il serait honteux de l’utiliser pour écrire un livre. L’écriture serait donc une activité intellectuellement supérieure aux autres et il serait donc interdit d’y toucher avec de l’IA, même avec un bâton … Deux poids, deux mesures.
Le vrai sujet selon moi, est que si l’hypothèse que le livre a été rédigé avec l’aide de l’IA se vérifie, certaines personnes ne sont donc pas prêtes à l’accepter, car l’ayant (peut-être) lu et se sentant flouées du fait qu’une machine, un algorithme, l’aurait écrit en lieu et place de l’auteur.
Mais l’auteur ne resterait-t-il pas l’auteur ? Le créateur de l’histoire ? La rédaction confiée à un prête-plûme numérique changerait-t-elle la règle concernant les pratiques de l’écriture par autrui ? Soyons clairs, je ne dis absolument pas que c’est le cas pour ce livre, je n’en sais rien, je ne l’ai pas lu et je ne compte pas particulièrement le lire, car le sujet et le style de ce que j’ai pu entrevoir ne me transportent pas particulièrement.
Mais cette histoire pose notamment de nombreuses questions concernant les professionnels et les critiques qui ont encensé cet ouvrage. Que ce soit des auteurs et autrices, les maisons d’édition, les prix littéraires, … toutes et tous font preuve d’une certaine malhonnêteté intellectuelle, car il savent … Ils savent que ces pratiques existent, qu’elles ont pris une place importante dans la profession, que potentiellement même eux les utilisent, et que ce qui était confié auparavant à un humain l’est désormais à une machine.
Des questions loin d’être inédites
Rappelons-nous d’ailleurs les débuts héroïques de l’image de synthèse au début des années 80, lorsque le film Tron n’a pas reçu l’Oscar des meilleurs effets visuels car l’Académie avait estimé que l’utilisation d’ordinateurs équivalait à de la « triche ». De nos jours, quasi 100% des films que vous regardez contiennent des plans à trucages numériques. Est-ce ici différent ? Je ne sais pas, je n’ai pas la réponse, même si j’ai bien un avis personnel.
Malgré tout, ces outils sont désormais là, utilisés dans pratiquement tous les corps de métiers et il va donc falloir faire avec car ils ne disparaîtront pas.
Le bon et le mauvais prête-plume
Comme diraient les inconnus :
Il y a le bon prête-plume et le mauvais prête-plume. Le bon prête-plume on lui décrit une histoire, il rédige, c’est un bon prête-plume. Le mauvais prête-plume on lui décrit une histoire, il rédige, mais c’est un mauvais prête-plume.
Bref, je n’ai pas d’avis
Pour terminer, je n’ai pas particulièrement d’avis sur ce cas précis, outre le fait que si le livre est bien rédigé à l’aide de l’IA, alors cela change-t-il quelque-chose ? Surtout quand l’IA est désormais présente absolument partout dans nos vies ? Je ne suis ni pour les uns ni contre les autres, bien au contraire. Je suis juste un voyageur qui observe le monde qui change et se déchire devant ses yeux à coup d’accusations de part et d’autre quand les véritables enjeux se trouvent peut-être ailleurs.